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Affichage des articles du mai, 2025

Lélia et le voyageur (fin)

  Chapitre 3  Depuis ce soir-là, Lélia gardait toujours la plume sur elle. Elle l’avait accrochée à un fil rouge qu’elle portait autour du cou, bien cachée sous ses habits. À chaque fois que le silence devenait lourd dans la maison, à chaque fois qu’elle sentait l’ombre des voix sévères derrière elle, elle touchait la plume… et un vent doux se levait dans son cœur. Mais les jours passaient, et le voyageur ne revenait plus. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Car chaque matin, juste avant l’aube, une nouvelle fleur apparaissait près du vieux puits, toujours la même : une fleur de lumière, aux pétales bleus et jaunes, qui brillait doucement même dans la brume. Lélia comprit : il était toujours là, mais il se cachait. Un soir, elle décida de faire quelque chose qu’elle n’avait jamais osé : elle écrivit un mot. Elle prit un vieux papier, y dessina une petite main serrée dans une grande, et écrivit en bas : Je n’ai pas oublié. Ma main te cherche toujours. Puis, sans bruit, elle sor...

Lélia et le voyageur (suite)

Chapitre 2   Le rideau s’écarta, lentement, comme s’il avait attendu ce moment depuis toujours. Lélia fit un pas… puis deux. Ses petits pieds frôlaient le sol comme si elle marchait sur une promesse. Dehors, le voyageur s'était arrêté, les yeux levés vers la fenêtre, le cœur battant. Quand elle franchit enfin le seuil, leurs regards se croisèrent. Il y eut un silence doux, plus fort que mille paroles. — Tu es venue… murmura-t-il. Lélia n’osa pas répondre. À la place, elle courut vers lui et lui prit la main, comme si elle s’y accrochait à la vie elle-même. — Tu sais qui je suis ? demanda-t-il. — Je ne sais pas ton nom… mais je sais que mon cœur te reconnaît. Ils restèrent là, debout au milieu du jardin, entre les fleurs fanées du passé et les bourgeons de l’avenir. Le froid des murs derrière eux ne pouvait plus rien contre la chaleur de cette rencontre. Le voyageur sortit de sa poche un petit objet : un pendentif en forme de plume. — C’est pour toi. Elle te rappellera que tu n...

Lélia et le voyageur

Chapitre Ier   Il était une fois une fillette nommée Lélia, qui vivait dans une grande maison aux murs froids. Elle aimait courir, danser et rire, mais depuis quelque temps, elle restait souvent silencieuse, regardant par la fenêtre, espérant. Dehors, vivait un voyageur. Il ne venait jamais très près de la maison, car une règle étrange l’en empêchait. Mais chaque soir, il passait par là et posait une petite fleur près du portail. C’était sa façon de dire : « Je pense à toi. » Lélia, cachée derrière un long rideau, voyait les fleurs. Elle voulait courir dehors, prendre la main du voyageur et lui dire qu’elle aussi pensait à lui. Mais le rideau… ce rideau invisible qu’on lui avait appris à ne pas franchir… la retenait. Un soir, alors que la lune brillait plus fort que jamais, une chose étrange se produisit : le rideau se mit à trembler. Une brise douce entra par la fenêtre, et une voix familière murmura : « Lélia, je suis là. Je t’attendrai, toujours. » Alors, doucement, elle tendit ...

De l'autre côté du rideau

  À Djennie, de ton oncle qui veille en silence. Un rideau nous sépare, mais ton cœur m’appelle, Comme une étoile captive au fond d’un ciel cruel. J’entends ta voix muette, ton regard en écho, Et je tends mes silences comme on tend un flambeau. Je t’ai vue dans mes rêves, pieds nus dans l’ombre grise, Cherchant vers la lumière un souffle, une surprise. Tu ne parlais pas… mais ta main, dans la mienne, Avait cette prière douce et souterraine. Le monde autour de toi murmure des barrières, Mais mon amour pour toi défie toute frontière. Ils peuvent me haïr, m’ignorer, m’effacer — Rien n’efface un lien que le ciel a tracé. Tu es cette étincelle que nul ne peut cacher, Une rose en hiver que j’ai juré d’aimer. Et même s'ils oublient mon prénom, Toi, tu connais mon âme… tu lis entre les noms. Quand tu serreras fort la plume que je t’offre, Sache que c’est mon cœur, et tout ce qu’il t’offre. Et si un jour encore tu entends dans le vent Mon nom sans ma voix… c’est que je t’aime… en attendant....